par Charlotte Saric

Aux premiers rayons du soleil on est fortement attiré par la beauté naturelle, celle des grains de sables et du ressac des vagues. Mais avant que la chaleur ne devienne écrasante on a repéré les trois expos du printemps bordelais à ne pas manquer. Initiales BBB.

Besançon, Jean-Baptiste à l’Institut Bernard Magrez.

beau-bon-bordeaux-Voir du Beau dans les musées de BordeauxIl y a quelque chose de la puissance de Rothko dans les toiles grand format du jeune bordelais. Pour abstraites qu’elles soient ses toiles n’en sont pas moins la représentation d’un mouvement à la fois violent et gracieux, la trace de la matière et la profondeur de la liberté. La toile est pour l’artiste le centre névralgique d’une danse ou d’une course picturale. En effet, travaillant à l’horizontale, le châssis posé à quelques centimètres du sol (une pratique qu’un certain Pollock utilisait), la surface du lin devient le cœur d’une chorégraphie colorée, le sol de l’atelier demeurant lui, stigmatisé par l’instinct du geste. Et la révélation de l’intensité de son travail, le jeu des couleurs et des formes prenant tout son sens quand elle s’élève à la verticale pour s’offrir à nos yeux.

Il y a vingt toiles œuvres par lesquelles se laisser émerveiller sur les murs de la Galerie des Jeunes Talents, jusqu’au 21 mai.

Base Sous Marine, Nobody knew you’re a dog de Romain Tardy

beau-bon-bordeaux-Voir du Beau dans les musées de BordeauxPénétrer dans la base sous marine, c’est toujours se déconnecter d’une réalité spatio-temporelle ; dès le premier couloir de l’exposition de Romain Tardy on est happé par la musique assourdissante et la lumière aveuglante qui invite dans un univers totalement azimuté. A travers différentes installations et œuvres, le jeune artiste engage une réflexion honnête et acerbe sur nos rapports au numérique et à l’internet. Spécialiste du mapping et du Vjing, Romain Tardy a la modestie de déclarer que « le mapping ce n’est pas un art c’est une technique. C’est comme la peinture, on peut être Picasso ou pas. » Le jeune français est résolument un artiste de talent, plutôt Picasso que pas. Il suffit pour s’en convaincre de se laisser hypnotiser pendant des heures par l’installation A Collection of Potential Object ou encore Future Ruins, une merveille d’animation son et lumière.

« Le problème avec les réseaux sociaux c’est que les gens ont tendance à juste regarder le titre et ne pas lire l’article » entend on dans l’installation sonore J’ai Raté Mon Cerveau Pré Internet ; combien de lecteurs sont-ils parvenu jusqu’à cette dernière phrase ?

Jusqu’au 21 mai, il ne faut pas en parler mais simplement aller vivre cette expérience.

Bistrot ! A la Cité du Vin

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Il y a eu temps, où pour voir au même endroit du Picasso, du Dix et du Toulouse Lautrec, il fallait prendre un antédiluvien TGV qui reliait Paris en 3h28 puis rejoindre Orsay. Aujourd’hui, Paris s’est rapproché de Bordeaux, et les noms les plus nobles de l’histoire de l’art du XXème siècle sont venus dans nos murs pour la première grande exposition artistique de la Cité Du Vin. Mêlant photographie, littérature et peinture, l’exposition, entend, au travers d’une centaine d’œuvres, de différents courants et différentes époques, mettre en avant le rôle essentiel des bistrots dans la création. Si le sous titre de l’exposition s’intitule « de Baudelaire à Picasso », elle va en réalité jusqu’à Joseph Erhardy, et passe par Degas, Manet, Dufy, Braque, Doisneau, Cartier-Bresson ad deliciosam…

En plus des chefs d’œuvres intelligemment agencés et convoqués ici, on apprécie particulièrement les « médiateurs volants » sur le parcours qui assistent la visite, la commente et l’analyse.

Jusqu’au 21 juin.

 

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