par Nathalie Vallez

Que reste-t-il des centaines de romans qui ont déferlé sur les étals durant la rentrée littéraire ? Retour sur quelques-unes de ces lectures qui nous ont le plus marqués.

beau-bon-bordeaux-Lectures d'automne


Thriller aquatique

La quarantaine approchant, sa vie bien vide empêtrée entre ses blocages, tics et cauchemars en eaux troubles, Benjamin se souvient… L’été de ses 15 ans, ce pique-nique au bord du lac Léman, sa sœur qui lui fait un signe de la main avant de disparaître à la lisière de la forêt. Summer, c’est son prénom, aux longs cheveux blonds illuminés de lumière, à la silhouette gracile et la beauté insolente. Comment faire face à l’absence, à l’incompréhension, au deuil impossible ? L’écriture délicate, pleine de sensualité et de nostalgie de Monica Sabolo dissèque un à un les souvenirs de Benjamin pour faire remonter à la surface ce que la mémoire a enfoui. Entre thriller et roman poétique.

« Summer » de Monica Sabolo (JC Lattès)

 

Le charme désuet des sixties

Quelle drôle de rencontre ! Au début des années 60, aux abords de la Porte Dorée, d’une machine à café capricieuse à un pare-choc amoché, Pascal fait la connaissance de Solange, belle et énigmatique. Bientôt, elle ira retrouver Marc à Berlin-Ouest. Thierry Dancourt, nous plonge, avec sa plume élégante dans l’atmosphère de l’époque, et nous guide dans les rues du 12e arrondissement de Paris ou de Trieste, à travers ce roman que l’on savoure comme un film en noir et blanc.

 « Jeux de dame » de Thierry Dancourt (La Table Ronde)

 

A la recherche du poète disparu

On ressort presque sonné de la lecture de ce roman tellement riche, foisonnant et émouvant. Il nous entraîne sur les traces du poète surréaliste Robert Desnos, des années folles à l’Occupation. Parsemé de vers et textes magnifiques, il nous fait découvrir son chemin d’écriture, ses doutes, son courage, ses amours, et sa fantaisie.

« Légende d’un dormeur éveillé » de Gaëlle Nohant (Editions Héloïse d’Ormesson)

 

Tout sur ma mèr(e)

Comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises (« La vie réelle des petites filles » « Cafés de la mémoire », l’historienne Chantal Thomas revient sur son vécu à travers un essai à la fois intimiste et philosophique. De son enfance à Arcachon, la ville des 4 saisons, pendant les années 50, elle tire la plus belle partie de son livre, nostalgique, émouvant et féminin, où elle découvre « la douceur des choses vivantes ». Ces souvenirs affleurent et nous entraînent sur les traces de Jackie, sa mère si distante, qui chaque matin reprend vie en plongeant avec délice dans le Bassin. Aux plages atlantiques succèderont celles de Nice et de Menton où elles partageront enfin « le délice de l’eau contre la peau ».

« Souvenirs de la marée basse » de Chantal Thomas (Gallimard)

 

Mémoire d’un rescapé

Le 13 novembre 2015, il avait posté sur son compte Facebook « Ce soir rendez-vous au Bataclan, je mettrai mes santiags ». Longtemps, Erwan Larher a refusé de parler de cette nuit de terreur qu’il a vécue, couché à plat ventre dans la fosse de la boite de nuit, comme une « lavette », baignant dans son sang et celui des autres, une balle dans la fesse. Il ne voulait pas d’un témoignage larmoyant et a transformé son drame en un moment de vécu collectif, laissant ses proches raconter leur nuit du 13 novembre, qui font aussi partie de la sienne. C’est parfois glaçant, souvent émouvant.

« Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher (Quidam éditeur)

 

Face à son destin

Quels sont les rêves, les ressentiments, les souvenirs, les espoirs qui nous étreignent lorsque nous nous retrouvons dans notre lit, seul face à nous-même. De ces moment de si forte intimité, Marie-Laure Hubert Nasser fait ressortir les questionnements et les turpitudes de quatre personnages confrontés à leur destin. Narwen, Luc, Georgia ou Mélanie ne peuvent plus fuir les choix qui s’imposent à eux. A travers ces moments de doute, MLHN nous fait basculer dans le devenir qui est le leur, et partager ces quelques heures où le destin s’emballe.

« Semblant sortir du noir » de Marie-Laure Hubert Nasser

 

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